Activités du secrétariat

Les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest Nouvelle terre d’expansion des groupes djihadistes sahéliens ? Mathieu PELLERIN

25 mai 2022

La situation sécuritaire dans le Sahel central est à ce point dégradée que la
menace djihadiste déborde désormais sur la partie nord des pays côtiers
d’Afrique de l’Ouest. Les régions de l’Est et des Cascades au Burkina Faso
ou celles de Sikasso et de Kayes au Mali constituent des bases arrière
permettant aux groupes djihadistes – et principalement à la Jama’at Nasr
al-Islam wal Muslimin (JNIM) pour l’instant – de s’étendre au Bénin, en
Côte d’Ivoire, et dans une moindre mesure au Togo, au Ghana, au Sénégal
et en Guinée. Cette excroissance territoriale djihadiste va progressivement
donner naissance à des foyers djihadistes de plus en plus endogènes dans
ces États, composés de recrues locales et qui se nourrissent des fragilités
propres aux territoires où ils se développent : tensions d’accès aux
ressources, stigmatisation communautaire potentiellement exacerbée par
des groupes d’autodéfense, existence de réseaux criminels prompts à se
« djihadiser ». La propagation de l’idéologie djihadiste depuis le Sahel
central au-delà des frontières sud constitue le moteur permettant
d’exploiter et de transformer les frustrations et les injustices qui découlent
de ces situations de fragilité. Comme au Sahel central où les autorités ont
pris trop tardivement conscience de cette réalité. Pour les pays côtiers
d’Afrique de l’Ouest, où la menace reste encore contenue en intensité et
limitée géographiquement, il est encore temps de prévenir une dégradation
de la situation sécuritaire. Pour cela, les autorités de ces États doivent
aligner des réponses civiles et militaires qui soient adaptées à la nature de la
menace et qui réduisent drastiquement l’ampleur de ces fragilités.

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